Doucement et avec le sourire,
Elle vient sa porte m’ouvrir,
On est samedi ou dimanche, elle m’attend,
Comme le premier jour de printemps,
Une demi-heure au chronomètre,
C’est court, il faut bien l’admettre,
Pour l’aider à s’habiller, faire son lit,
Mais malgré tout, nous avons réussi,
A ce qu’autre chose nous unisse,
Nous réunisse,
Un lien amical,
Presque filial,
Je l’écoute, elle m’entend,
Je lui dis mes tourments,
Elle me prodigue ses conseils,
Pendant que je lui masse jambes et orteils,
On aime à rire,
Sur de petits délires,
Elle a un petit grain de folie,
A 90 ans, c’est joli,
Mais notre moment,
C’est quand j’ai le temps,
De lui lire un ou deux poèmes,
Plus que tout, je sais qu’elle aime,
Quand mes mots s’envolent,
Quand mes émotions sont paroles,
Elle ne tarit pas d’éloges,
Et le temps de ces partages, on en oublierait presque l’horloge.
Sans commentaire